Tressé : que vaut l’écoresponsabilité de la marque ?

Tressé : que vaut l’écoresponsabilité de la marque ?

Dans un précédent article, nous évoquions les marques de milieu de gamme comme Sandro. Il se trouve que 2 des enfants de la créatrice de la marque, Évelyne Chetrite, ont lancé au mois de mars une nouvelle griffe, Tressé. Cette fois, la marque se veut d’emblée écoresponsable. Au menu, vêtements, décoration, et artisanat. 

Avec Tressé, Ketzia et Sivan Chetrite proposent entre 15 et 20 pièces par valise. On est donc loin d’une surproduction. Car par valise, entendez le terme collection. La marque, inspirée des voyages des créateurs, a préféré cette appellation. Leur premier drop s’inspire par ailleurs de l’école de Nice. Populaire pendant les années 50, ce mouvement artistique aurait notamment rassemblé les peintres Nivese Oscari et Claude Viallat.

Cette inspiration s’est traduite par des pièces à motif et colorées. Robe printanière fleurie à dominante jaune, kimono blanc et orange, ensemble bariolé au détail tressé, vaisselle, coussin… La valise s’est déjà vidée via le système See Now, Buy Now, autrement dit vente dès la présentation, mais il est encore tout à fait possible de commander sur leur e-shop.

Les matières utilisées

On retrouve dans la composition des vêtements Tressé des matières naturelles et écologiques. La robe RESSE est à 100% composée de ramie, une plante de la même famille que les orties et fibre artisanale. Le jean PACOME est en coton biologique. Le cardigan MESSA est fait de 97% de cachemire recyclé et 3% de laine. En bref, les vêtements de la marque sont entre autres composés de matières réellement écoresponsables.

Si l’on devait citer quelques bémols, il y aurait d’abord la ceinture ARMELLE, en véritable cuir de vachette. Bien que très jolie, on lui aurait préféré une alternative végétale pour cuir. Le short SYLLA est quant à lui composé à 69% de lin, une matière écoresponsable reconnue et cultivée en France. Cependant, on y trouve également 21% de viscose et 10% de polyamide, des matières plastiques. On apprécie par ailleurs la transparence de la marque sur son site concernant les compositions.

L’origine des produits

Toujours sur son site, Tressé évoque un artisanat local. L’Atelier Buffile, situé à Aix-en-Provence, produit notamment les vide-poches et pots à crayons de manière artisanale. Les assiettes sont en revanche fabriquées au Portugal, mais encore une fois il s’agit d’artisanat. Elles sont par exemple peintes à la main. Le t-shirt TUST est lui aussi fait au pays des œillets. On sait également que certains éléments sont produits en Italie comme c’est le cas du cuir des chaussures ou du cachemire recyclé.

Il reste cependant des interrogations sur la provenance de la majorité des produits textiles. D’où viennent ceux en ramie comme les chemises CAMEL et CAZELLA ? Et ceux composés majoritairement de lin comme les robes ROLEIL et RILIA ? Les origines indiquées laissent penser que la production est européenne mais ce n’est pas vraiment le cas. Après une demande auprès de Tressé, nous apprenons notamment que la robe RESSE est fabriquée en Chine. Il n’est cependant pas sûr que les autres vêtements y soient produits.

Mi-fugue, mi-raison

Ce qui est sûr en revanche, c’est que l’esprit vacances dans le sud-est est très présent dans la première collection Tressé. L’esthétique des pièces est plaisant et coloré. On apprécie également la perspective de durabilité des vêtements et la production raisonnable en terme de nombre de produits par collection. Les matières utilisées sont également révélées avec transparence, et la présence de lin, de ramie, ou encore de coton bio est tout à fait en accord avec les valeurs que porte Tressé.

On regrette en revanche la présence de matières plastiques et de cuir animal dans la composition des vêtements. Pour ce qui est de leur style, les années 50 y sont finalement peu présentes. Mais surtout, le manque presque total d’informations sur les lieux de production des pièces textiles sur le site laisse penser que la marque n’a pas envie que le consommateur en sache plus à ce sujet. Et ce, bien qu’elle y réponde lorsque la question est posée. Autant être transparente dès le début. Notamment en ce qui concerne la Chine. Les prix en tous cas restent fidèles à ceux de marques comme Sandro ou Maje.

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