Que vaut la nouvelle Stan Smith écoresponsable d’adidas ?

Que vaut la nouvelle Stan Smith écoresponsable d’adidas ?

Alors que la Stan Smith est l’un des modèles les plus vendus par adidas, ce n’est pas pour autant que c’est le modèle le plus « green » de leur gamme de chaussure. Fabriquée en cuir et à partir de divers polyester, la paire se devait de revêtir le manteau du changement afin de s’adapter à notre planète. La gamme « Primegreen » a alors été créée et mise en vente le 25 mars dernier, promettant des produits à partir de matériaux à 50% recyclés. Mais que vaut vraiment la Stan Smith Primegreen ?

Adidas l’annonce haut et fort : « D’ici 2024, la marque s’est engagée à n’utiliser que du polyester recyclé dans ses produits »* et cela annonce la couleur. La marque aux trois bandes repeint petit à petit l’image qu’elle projette en vert. « Greenwashing » diront certains, « Quelle bonne initiative ! » diront d’autres, ce qui est sûr c’est que le nouveau modèle Stan Smith Primegreen fait parler de lui.

La nouvelle version de la chaussure aux 3 bandes est conçue avec Primegreen. La paire et sa tige sont constituées de plusieurs matériaux recyclés, tandis que la semelle est garantie « sans polyester vierge ». Et ce n’est pas tout. En plus de vouloir produire des sneakers un peu plus écoresponsables, que ce soit à l’échelle de la production comme à l’échelle de la vente, adidas s’est engagée à réduire son empreinte carbone de 30% d’ici 2030 par rapport à 2017, et d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050.

Primegreen + Primeblue = greenwashing ?

Mais ce n’est pas une nouveauté pour adidas qui avait déjà auparavant conçue en 2015 une gamme Primeblue. Celle-ci était en partenariat avec l’association environnementale Parley For The Ocean, Stella McCartney ou encore Allbirds « afin de co-concevoir des solutions contribuant à mettre fin aux déchets plastiques ». En somme, ce projet consistait à fabriquer des baskets et vêtements de sport à partir de bouteilles recyclées ramassées au large de certaines îles, de plages et du littoral. C’est une bonne initiative en soit, mais rappelons que le polyester, qu’il soit recyclé ou non, reste non-biodégradable.

Et c’est le même sort qui est réservé à la tige qui constitue les nouvelles Stan Smith Primegreen. Constituée à 50% de polyester recyclé, celle-ci n’est pas biodégradable malgré le fait qu’il n’y a pas de polyester vierge dans sa composition. En revanche, il est à noter que la paire n’est pas certifiée « Vegan » par la marque. Cela peut s’expliquer par le manque d’information sur l’origine de la production du caoutchouc ou encore de la provenance du cuir synthétique qui n’est pas précisée par adidas.

Quelle est la différence entre les deux modèles ?

Pourtant la différence entre le modèle original et la Stan Smith Primegreen reste imperceptible à l’œil nu. Hormis les étiquettes et certaines inscriptions, ce ne sont que les matériaux qui ont changé. Le modèle original a une tige en cuir animal, une doublure en synthétique, une semelle intérieure en textile et une semelle extérieure en caoutchouc (synthétique ou naturel, on ne sait pas). Quant à la Stan Smith de Primegreen, c’est uniquement la composition de la tige qui change qui est composée maintenant à 50% de matériaux recyclés. Hormis cela, tous les autres composants sont les mêmes que l’originale. À noter qu’il n’y a pas de précision sur la composition des lacets.

Pour mettre en place ce projet « Primegreen », adidas a fait appel à l’une des plus grandes entreprises au monde : Disney. C’est ainsi que la marque a réussi à développer son projet notamment en mettant en avant tous les personnages verts du monde des dessins animés. Kermit la grenouille, Bob Razowski, Rex de Toy Story, la fée clochette, Groot ou encore le très fort Hulk ont été mis en avant afin de plaire aux petits comme aux grands. Une cible tout public donc, qui pourrait être une bonne initiative afin de sensibiliser toutes les générations sur la cause environnementale.

Sauf que Disney n’est pas l’entreprise la plus clean en matière d’écologie. Entre ses produits touristiques qui sont majoritairement fabriqués en Chine, l’électricité colossale dont les parcs ont besoin pour fonctionner, la pollution que dégagent toutes les voitures pour se rendre aux parcs d’attractions, tout l’univers touristique qui règne autour de ce géant qui attire en masse, bref, on pourrait dire que Disney aussi essaie de repeindre son image en vert via cette collaboration avec adidas.

En bref, retenons qu’adidas a prévu de réduire son empreinte carbone de 30 % d’ici à 2030 par rapport à 2017 et vise la neutralité climatique d’ici à 2050. Tiendront-ils leur promesse ?

*toutes les informations en italiques sont issues du communiqué de presse d’adidas

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