Pourquoi la mode écoresponsable n’est pas inclusive dans les tailles ?
2021-04-26

Pourquoi la mode écoresponsable n’est pas inclusive dans les tailles ?

Le regard de la mode sur le corps des femmes n’est pas toujours des plus bienveillants. Le manque de représentativité quant à la réalité de nos corps se fait même ressentir dans l’offre de la mode écoresponsable. Bien qu’évolutive en terme d’enjeu environnemental, le critère de la taille vient assombrir le tableau. Pourtant, la demande de produits « plus size » augmente selon différentes études.

La génération Z fait preuve d’un éveil social et environnemental qui bouscule les codes de consommation précédemment établis. Selon un sondage Deloitte de 2020, l’environnement et le harcèlement sexuel sont dans le top 3 des plus grandes préoccupations de cette génération. La volonté d’évoluer dans un monde plus vert et plus équitable les motive notamment à manifester.

La déconstruction de l’image du corps parfait, mince et lisse, entre autres alimentée par la mode est par ailleurs enclenchée par la jeunesse internationale. Sur tiktok notamment, les jeunes femmes enlèvent les filtres et dévoilent des boutons, des vergetures, des bourrelets… Le tout sur une chanson de Kendrick Lamar scandant « I’m so f*****’ sick and tired of the Photoshop ». Représentativité et écoresponsabilité sont indéniablement plébiscitées.

La case manquante de la mode écoresponsable

Les marques écoresponsables cochent la préoccupation principale grâce à leur engagement environnemental. Si mode et féminisme ne sont pas incompatibles, mode et diversité ne le sont pas non plus sur le papier. Pourtant la fourchette de tailles proposée par la mode écologique est restreinte. Cela même alors que les femmes ne se limitent pas aux tailles 34 à 44, et que la demande est inévitablement au rendez-vous.

Une étude du sujet menée par Edited montre que les recherches Google alliant mode responsable et grandes tailles ne cessent de croître. Une tendance relativement révélatrice du manque d’offre et donc d’inclusivité. Devoir faire une recherche spécifique démontre par ailleurs l’exclusion courante et commune sur les sites non dédiés aux « plus size ». De plus, se priver d’un marché qui attend son offre peut paraître incohérent.

Le pourquoi du comment

Le premier contre argument est économique. Il est déjà plus coûteux de produire un vêtement écoresponsable qu’un vêtement de fast fashion. Rajouter des tailles serait un coût supplémentaire que, sans doute, les marques ont peur de ne pas rentabiliser. La slow fashion a également pour principe de produire peu, et de s’adapter à ce qui est le plus vendu, ce qui marche le mieux.

Cependant, réfléchir ainsi pousse vers la fast fashion qui propose des catégories dédiées et exclut toute une partie de la population du processus écologique. Cela nuit donc à l’efficacité de l’initiative et représente un recul social. De plus, le principe du made-to-order, également écoresponsable, devrait par exemple permettre cette inclusivité. Il y a donc encore une marge de progrès du côté de la mode éthique. Surtout face aux attentes des nouvelles générations.

 

Photo credits @pansy

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