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Où donner ses vêtements ?
2021-05-12

Où donner ses vêtements ?

Nos armoires débordent. Et un jour, enfin, on se motive et on fait le tri. On classe nos vêtements, on lave la pile à donner, on range cette pile dans un grand sac. Maintenant il ne reste plus qu’à trouver où donner ces vêtements.

Donner ses vêtements semble à priori une solution tout à fait honorable pour donner une seconde vie à ses vêtements. Néanmoins, comme dit l’adage, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Et alors que nous pensions faire une bonne action, en imaginant donner à celles et ceux qui en auraient besoin ces vêtements que nous ne portons plus, il s’avère que la réalité est toute autre.

Notre consommation de vêtements surpasse bien largement, le nombre de personnes qui en aurait éventuellement la nécessité. Selon Liz Rickets, de la fondation Or , dont la mission est de rendre la mode circulaire véritablement juste pour tous, cette façon de penser relève du mythe.

« C’est le mythe du déficit et il est bel et bien vivant. C’est un récit très pratique – cette idée que vous n’avez pas à affronter les excès de votre vie parce qu’il y a des pauvres qui ont besoin des choses dont vous ne voulez plus. Il n’y a aucun regret à acheter si vous pouvez donner ce dont vous ne voulez pas. Mais quand nous pensons de cette façon, nous déshumanisons le récepteur. »
Liz Rickets, de la fondation OR,
dans Marie Claire

Derrière le don de nos vêtements, il y a une réalité à ne pas écarter, celle des vêtements non recyclés, à peine, triés et exportés en quantité astronomique dans certains pays d’Afrique, le Kenya et le Ghana notamment. Rien que pour le Kenya, ce sont plus de 140 000[1] tonnes de vêtements d’occasion par an qui sont importés. Une fois, là-bas, nos anciens vêtements sont au mieux revendus, mais le plus souvent jetés dans des décharges à ciel ouvertes. Ces décharges ont un impacts désastreux autant sur le plan environnemental qu’humain.

[1] Source Oxfam, dans le documentaire « La montagne textile » réalisé par Fellipe Lopes

Quelles solutions pour donner ses vêtements ?

Ainsi, en souhaitant bien faire en recyclant nos vêtements, nous contribuons sans le savoir à polluer des pays qui sont bien moins équipés qu’en France pour traiter « nos » déchets.
Evidemment, il n’y a jamais de solutions parfaites. Vouloir recycler ses vêtements et leur donner une seconde vie est effectivement une belle initiative. Dans cet article, nous listons les options pour donner nos vêtements tout en faisant la lumière sur ce qu’ils deviennent une fois ailleurs, afin que vous puissiez choisir au mieux où les distribuer.

Les bornes à vêtements

La solution la plus simple pour donner ses vêtements est de les déposer dans les containers à vêtements. L’association le relais, a installé plus de 18 000 containers partout en France pour récupérer les vêtements. Pour trouver le container le plus proche de chez vous, consultez la carte du relais.
Acteur historique du tri et de la revalorisation textile, le Relais gère plus de 1800 tonnes de vêtements récupérés par semaine. La récupération et revalorisation textile est pour cet organisme un véritable modèle économique, créateur d’emploi et d’insertion professionnelle.

Que deviennent les vêtements déposés dans les bornes de collecte ?

En toute transparence, le Relais indique comment sont utilisés les vêtements récupérés. Ils sont triés puis ré-utilisés ainsi :

Ce sont bien les 55% d’export de textile en Afrique de l’Ouest qui sont sujets au débat. Pour l’association, c’est un véritable levier de solidarité nord-sud créatrice d’emploi, comme le Relais l’explique clairement dans ce document. Nombreuses sont les associations à revendre des vêtements d’occasion à l’export pour soutenir financièrement leur association. Dans le principe, c’est louable. Malheureusement, cela revient souvent à revendre « nos » déchets dans des pays qui n’ont pas les infrastructures logistiques pour gérer cette quantité de déchets. C’est pour cela que d’autres associations, comme la fondation OR, tire la sonnette d’alarme sur le coût environnemental et humain de ces exportations de vêtements d’occasion.

C’est quoi le problème avec l’export des vêtements donnés ?

Pour saisir la complexité du sujet, nous vous proposons de visionner ces 21 mn de documentaire.
Le problème y est raconté par les personnes concernées, celles et ceux qui en vivent et en souffrent. « La Montagne Textile », réalisé par Fellipe Lopes met en évidence le coût social et environnemental du commerce des vêtements d’occasion, en remontant la trace de nos vêtements non désirés, des poubelles de recyclage en Europe aux décharges et aux voies navigables des pays du Sud.

Redonner, des bons d’achats en échange de dons ou la consommation en continue.

Certaines entreprises encouragent le don de vêtements en s’associant avec des marques éthiques.  Ainsi, l’entreprise redonner encourage tout à chacun à donner ses kilos de vêtements. Chaque vêtement donné est récompensé par des points, permettant de bénéficier d’une réduction dans des enseignes partenaires, majoritairement des enseignes de la mode éthique et responsable.
Les vêtements donnés sont transformés en point. Les points sont eux même transformés en réduction pour des futurs achats. Malheureusement, le système de points encourage la consommation en échange du don, et entretient ainsi le problème de la surconsommation et du déchet textile.
Et là encore, bien que l’objectif de l’entreprise soit de favoriser le circuit court, une partie des dons est également exportée. La liste des points de collecte redonner.

Dans les points de collectes, nos vêtements ne sont pas donnés à des personnes dans le besoin, mais revendus à moindre prix dans d’autres circuits. Ce qui crée de l’emploi et c’est très bien. Néanmoins, si l’objectif est véritablement de donner nos vêtements en nous assurant qu’ils ne finissent pas dans une décharge à ciel ouverte en Afrique, quelles sont les alternatives ?

Donner ses vêtements en circuit court

Quelles sont les solutions pour favoriser le don ou le troc localement ?

Les ressourceries : avec plus de 160 ressourceries en France, c’est autant d’occasion de donner ses vêtements en bon état pour qu’ils soient revalorisés, revendus à prix très bas localement.
Pour les ressourceries, le textile, linge de maison et les chaussures (TLC)  représentent 32% des « déchets » collectés. Ils sont soit réutilisés à 27% ou recyclés à 71%; seuls 2% ne sont pas revalorisés. Le textile représente 23% des ventes totales des ressourceries. (source : Observatoire des ressourceries.) Ce fonctionnement local garantit aussi une revalorisation locale.
Pour trouver une ressourcerie près de chez vous, consultez la carte des ressourceries.

L’application de vide dressing Swap chic est entièrement gratuite et basée sur la remise en main propre. Les vêtements peuvent être échangés, donnés, vendus au choix avec les personnes géographiquement proches.

L’application de don Geev fait le lien entre ceux qui donnent et ceux qui cherchent. Une sorte de bon coin gratuit où tout est donné en main propre.

L’association la cravate solidaire récupère les tenues professionnelles types costumes, tailleurs, chemises, chemisiers, chaussures, ceintures pour les mettre à disposition des personnes en vue d’un entretien, d’un stage ou même d’un début d’activité.
L’association est née de ce constat : les étudiants et les personnes en insertion ou réinsertion professionnelle n’ont pas forcément les moyens d’acheter un costume pour un simple entretien ou leurs premiers jours de travail.
L’association a des antennes dans de nombreuses villes de France pour récupérer les dons des particuliers.

Organiser une swap party, chez soi avec ses ami.e.s ou même au travail avec ses collègues pendant la pause déjeuner. Le concept est simple, chacun se réunit avec les vêtements qu’ils ne portent plus et s’échange, se donne ou se vend ses vêtements. Une autre manière conviviale de promouvoir le circuit ultra local.

Enfin, comme la déclaration du droit des objets au réemploi (manifeste réalisé dans le cadre d’une campagne de sensibilisation de la ressourcerie de l’Ile à Nantes) le rappelle prenons soin de ce que nous possédons déjà.
L’achat le plus éco-responsable reste l’achat évité.

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