Maje, Sandro, Claudie Pierlot : le milieu de gamme est-il écoresponsable ?
2021-03-18

Maje, Sandro, Claudie Pierlot : le milieu de gamme est-il écoresponsable ?

Les marques de slow fashion proposent des prix plus élevés que ceux des marques de fast fashion. Un prix qui s’explique entre autres par la qualité du vêtement, de fait plus durable et coûteux à fabriquer. Mais également par la meilleure rémunération des employés. Alors qu’en est-il des marques de milieu de gamme, elles aussi moins abordables que celles de la fast fashion ?  

À mi-chemin entre le luxe et la mode à bas prix, les marques de milieu de gamme comme Maje, Sandro, Claudie Pierlot, ou Sézane prônent la qualité française. Mais le savoir-faire français vanté par celles-ci et l’image bohème qu’elles mettent parfois en avant ne seraient que des écrans de fumée. Les conditions de travail des ouvriers de leurs usines de confection, au Maroc notamment, restent très floues selon une enquête menée par Sloweare auprès d’une ancienne employée du milieu. Les prix pourraient même être maintenus pendant que la qualité est volontairement revue à la baisse pour faire face à la pression financière. Et à quel prix ? Les conséquences environnementales et sociales ne peuvent être nulles face à ces changements.

En 2015, un reportage de l’emission Capital avait par ailleurs mis en exergue le manque de contrôle de Sézane sur la production de ses vêtements en Macédoine dont une partie avait glissé, volontairement ou non, entre les mains d’un sous-traitant dont la philosophie n’est pas vraiment axée sur le respect des Droits de l’Homme.

Une communication tendancieuse

En bref, de nombreux articles et reportages ont démontré la double face des marques de milieu de gamme. Elles ne pouvaient en revanche en aucun cas être qualifiées de « menteuses » en ce qui concerne l’aspect environnemental. Il y encore quelques années en tous cas, car elles ne s’étaient jamais vraiment revendiquées écoresponsables. Elles pouvaient en outre avoir joué sur une communication rendant la limite entre les deux assez floue. Qu’elles aient eu tendance à parler de production française lorsque cela ne concernait qu’une minorité de leurs produits, ou promettaient un style chic et parisien, l’origine étaient en tous cas au cœur de revendications cette fois erronées.

Les matières utilisées n’ont en revanche toujours pas pris le train (ou l’avion) de l’écoresponsabilité, bien qu’elles se soient désormais proclamées éthiques pour certaines. Par exemple, pour sa collection printemps-été 2021, Maje propose encore une robe 100% polyester, et une autre 100% viscose. S’ils sont recyclés, tant mieux, mais cela n’est précisé sur aucune de leurs étiquettes, ce qui laisse fortement penser le contraire. Il serait vraiment dommage de continuer à utiliser des matières plastiques dangereuses lorsque le logo Dream Tomorrow, situé bien en évidence sous ces modèles, nous indique que Maje fait partie des « acteurs du changement ».

Démêler le vrai du faux

Il existe des éléments majeurs pour différencier les marques de milieu de gamme des marques écoresponsables. Car à part un prix plus ou moins équivalent, il n’y a pas grand-chose pour les rapprocher. Face à la tendance vintage et écolo, nombreuses sont les marques en tous genres à avoir misé sur du Greenwashing ; C’est à dire le fait de donner l’impression d’être concerné par la problématique environnementale et de faire des efforts écologiques en ce sens, que se soit au niveau des matières utilisées ou de la production en général, alors que ce n’est pas véritablement le cas.

À l’inverse, les marques écoresponsables vont privilégier une transparence totale. Il ne sera donc pas difficile d’en apprendre plus sur la fabrication de ce qu’elle produit. La marque sera par ailleurs entièrement engagée et ne proposera pas seulement quelques produits éthiques pour redorer son image. Les efforts mis en œuvre par les grosses enseignes pour proposer des produits plus responsables sont bien sûr les bienvenus. Cependant, cela n’en fait pas des marques écoresponsables ou éthiques. Notamment car elles continuent de surproduire contrairement aux marques éthiques qui ne produisent pas en masse. Elles ne peuvent pas non plus se permettre de faire de grosses réductions. Ces clés de lecture sont indispensables pour ne pas se tromper sur ce que nous consommons. Affaire à suivre…

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