Les culottes sont-elles conçues pour le plaisir des hommes ou pour le confort des femmes ?
2021-04-27

Les culottes sont-elles conçues pour le plaisir des hommes ou pour le confort des femmes ?

Nos vêtements sont une façon de refléter qui nous sommes ou ce que nous avons envie de paraitre, mais qu’en est-il des sous-vêtements ? Nos sous-vêtements, sont-ils vraiment le reflet de qui nous sommes ?

C’est étrange comme un vêtement qui n’est à priori visible par personne cristallise l’image de la femme que nous devrions être : sexy, séduisante. S’habiller pour une femme peut être un plaisir et un jeu pour jongler avec ses différentes identités : parfois « féminine », parfois juste « normale », parfois les deux à la fois : jean large troué, et talons hauts. Pourquoi, en tant que femme, je me sens féminine quand je porte une jupe ? Pourquoi je me considère  » normale  » quand je suis casual ?Et pourquoi pas l’inverse ?
Le concept de féminité est une injonction, il « faut » être féminine, mais pas trop sinon ça fait putain. Le casual oui, mais pas trop non plus sinon ça fait négligée.

De quelle identité de femmes nos culottes sont-elles le reflet ?

Si j’ai bien conscience du jeu des identités et de l’injonction à la féminité qui se jouent quand je choisis mes vêtements, je n’avais jusque-là jamais interrogé mon rapport aux sous-vêtements. Sont- ils vraiment le reflet de qui je suis ? Pourquoi mes culottes en coton toute simples ; je les appelle mes culottes de règles ; alors que pourtant, je les porte avec plaisir même quand je n’ai pas mes règles.
J’ai cherché « citation Culotte » dans google, et je suis tombée sur cette phrase de Frederic Dard :

C’est à la culotte de ses filles qu’on juge un pays

Une citation aussi misogyne que révélatrice du pouvoir du jugement sur les sous-vêtements. En tant que femme nous serions jugées sur nos sous-vêtements, pires encore l’état du pays dépendrait de la décence de nos culottes. D’abord, il écrit en bon patriarche « ses » filles, bien sûr le corps des femmes appartient à l’état, ce n’est pas un corps indépendant. Et puis, si nous portons des strings, nous serions indécentes, la valeur d’un pays dépendrait de la morale de ses femmes. L’auteur, quant à lui, peut rester tranquille, à nous juger sans se questionner sur ses actions ni ses sous-vêtements.

Le sous-vêtement féminin, est-il conçu avant tout pour faire plaisir aux hommes ?

Il n’y a qu’à voir les devantures des boutiques à la St Valentin. Pour être aimée, il faut être sexy et porter de la lingerie coquine. C’est triste d’en être réduite à un corps. Est-ce que les femmes jugent leur partenaire sur leur sous-vêtement ?

Encore un domaine de plus où les femmes sont jugées et sont la cible d’injonctions contradictoires.
Devant ce constat, Victoria Wilson a crée des culottes neutres, dégenrées et surtout confortables pour se plaire à soi avant tout, en étant à l’aise dans ses mouvements. Ce ne sont pas des culottes pour être plus « séduisantes » ni plus « féminines », ce sont « juste » des culottes pour être soi-même. Et avant de créer sa marque, Madame Porte la culotte, en 2018 cela n’existait pas sur le marché français.
Elle avait bien fouillé pourtant, recherchant la simplicité d’un sous-vêtement confortable sans aucune injonction à la soit-disante « féminité ».

Madame porte la culotte écrit dans l’entrejambe de ses culottes des messages d’empowerment tel que « ton corps est parfait tel qu’il est ». Sa culotte est là pour nous rappeler que peu importe le sous-vêtement, avant de chercher à ce que notre corps plaise, avec ou sans dentelle, il faut d’abord l’aimer très fort pour ne pas avoir besoin de l’approbation des autres à son sujet. Depuis, Victoria a fermé sa marque, pour voguer vers d’autres horizons, mais elle aura marqué l’univers du sous-vêtement.

Être femme, c’est jongler entre une multitude d’identités, c’est se faufiler entre les idées reçues, c’est détourner les préjugés. Il faut du chemin, de l’introspection et du courage pour être authentiquement soi jusque dans la culotte.

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