Cap ou pas cap de porter un K-way en poudre de marbre ?

Cap ou pas cap de porter un K-way en poudre de marbre ?

Parce que dans “mode responsable” il y a mode, la rédaction vous propose de découvrir ou de re-découvrir l’histoire qui nous lie à notre garde-robe. Car au-delà d’un style, celui-ci révèle une partie de notre ADN et explique plus largement notre attachement aux vêtements et donc à la mode. Ce mois-ci, focus sur un indispensable de la saison : le K-way.

Toiles de parachute, poudre de marbre, toiles de parapluie recyclés, polyester recyclé, les innovations au service d’une mode circulaire ne manquent pas pour porter fièrement son coupe-vent.
Le K-way a bien changé. Ce coupe-vent à la réputation ingrate se refait une image grâce aux créateur.ice.s qui font de la contrainte plastique une véritable opportunité pour remplacer le nylon par des matières innovantes et upcyclées.

K-way indispensable ou fashion faux pas ?

Pour certains, c’est l’indispensable à mettre dans la valise, pour d’autres, c’est le fashion faux pas ultime. Que vous soyez team vêtement de pluie ou team plutôt-mourir-que-porter-un-K-way, on décortique les aléas de ce vêtement et ses secrets de fabrication trop bien gardés pour être éthique, sans oublier de vous proposer des alternatives éco-responsables pour craquer – si vous en avez besoin évidemment.

Sa promesse initiale était avant tout pratique : le K-way ne se vantait pas de nous rendre élégantes, mais misait tout sur son utilité. D’ailleurs, il devait initialement s’appeler « en cas de pluie » et puis, marketing à visée internationale oblige, il a été baptisé d’un nom aux sonorités anglophones tout en gardant le K du « en cas de ». Un vêtement donc que l’on cache, que l’on ne sort qu’en dernier recourt, loin d’être le favori de la garde-robe. D’ailleurs, ce vêtement s’est forgé sa propre cachette dans une pochette pas très subtile. Le problème, c’est qu’il fallait porter celle-ci autour de la taille, donc ce qui devait être caché, parce que pas très esthétique, était finalement visible comme le nez au milieu de la figure. C’est ainsi que naquit la génération des « traumatisés du K-way » que Dany Boon met en scène dans son sketch dédié sur le sujet. Désormais, dans sa version contemporaine, le K-way se transporte encore en boule mais avec une option sac à dos, plutôt qu’en banane.

Le K-way, un vêtement de couple unisexe.

Si à sa naissance le K-way a convaincu par son aspect pratique, ce vêtement n’était pas l’emblème d’un style pointu. En revanche, il était l’emblème d’une certaine forme d’amour : les couples K-way.
Peut–être les avez-vous déjà vu lors de vacances en Bretagne. Jean Charles De Castelbajac a poussé encore plus loin le concept du couple K-way en proposant une version double poncho – vêtement de pluie. Le principe : deux K-way indépendants qui peuvent se zipper pour ne faire qu’un et marcher unis sous la pluie. 

Cette pièce avait été réalisée pour l’exposition de Jean-Charles de Castelbaljac au Museum Fashion Institute of Technology de New York en 1986. Elle a été vendue aux enchères lors d’une vente ArtCurial en 2015 pour 1252 euros. Oui oui.

Le K-way, la pièce vintage de seconde main par excellence.

Aujourd’hui la marque K-way fait son retour en force, balayant son image ingrate et pratique au profit de nouveaux modèles beaucoup plus tendances, conservant l’ADN historique du vêtement.
Néanmoins, si la marque se présente comme un fleuron du textile français, cela fait bien longtemps que les usines ont été délocalisées. Et si ses nouvelles boutiques en France participent à sa nouvelle image, cela ne signifie toujours pas un retour au « made-in France ».  À notre demande sur le pays et les conditions de production du K-way, la marque nous a répondu fabriquer ses  vêtements en « Asie » et les modèles de « Recherche et Développement » en Italie. Malheureusement, cette réponse nous donne malheureusement encore trop peu de garanties sur une fabrication chinoise équitable. Alors, dans le doute, autant piocher dans la seconde main.

 

Le K-way de la marque est à juste titre reconnu pour sa durabilité, ce qui en fait le parfait vêtement à shopper facilement sur Vinted ou en friperie. Et puisque sa date de création remonte dans les années 60, même de seconde main le choix reste large !

Les alternatives éco-responsables au K-way


Le coupe-vent est un vêtement technique, sa résistance à la pluie est rendu possible grace aux matières synthétiques utilisées, notamment le nylon, tissu anti absorbant séchant très rapidement. Aussi, il est primordial de savoir que pour remplir sa mission d’imperméabilité, vêtement de pluie ne peut être fabriqué qu’uniquement à partir de matières premières naturelles. Heureusement, des alternatives upcyclées existent et si la marque K-way fabrique ses coupe-vents en utilisant 100% de nylon, d’autres marques font preuve de créativité. Par exemple, certaines remplacent ces fibres synthétiques par des alternatives ingénieuses en réutilisant des matières premières naturellement anti-absorbantes vouées à être jetées.


Le coupe vent upcyclé à partir de toiles de parachutes Processus Clothing


La marque Processus Clothing récupère des toiles de parachute pour en faire des coupes vents. L’idée est née de la créatrice et styliste Gabrielle Le Gal. Elle a vu dans ces toiles non recyclées (et généralement incinérées) une matière idéale pour fabriquer K-way et vêtements.
La matière synthétique originale du parachute et du parapente est extrêmement fluide, légère, résistante et facile d’entretien. Ainsi, les collections Processus Clothing proposent des coupes vents et aussi des manteaux imperméables, upcyclés, non genrés, dans un style mélangeant streetwear et minimalisme. Ces vêtements sont d’ailleurs tous fabriqués en France, et si vous n’arrivez pas à choisir entre doudoune et coupe vent, la marque propose le « crop doudoune » intégrée pour les indécis !

 

Le coupe vent upcyclé à partir de parapluies cassés La Petite Boucle

La Petite Boucle est une marque très jeune, pour laquelle la créatrice Claudie Chevalier a eu la bonne idée d’utiliser la matière première des parapluies cassés pour en faire des coupes vents. Cette marque lilloise vient de finir sa campagne de crowdfunding  et est soutenue par de nombreux acteurs de l’économie sociale et solidaire de la région lilloise. Les modèles proposés en pré-vente sont un mix de pièces versions « old school », s’enfilant par la tête, et de pièces plus contemporaines à zip. Tous les modèles sont fabriqués dans un atelier d’insertion à Calais, et la marque s’est associée à la manufacture de parapluie Maison Piganiol, basée à Aurillac, pour récupérer la matière première. Les premiers modèles seront disponibles à la vente en avril 2021.

L’imperméable fabriqué à partir de poudre de marbre FiliPari

La marque italienne Filipi Pari, utilise de la poudre de marbre pour concevoir ses vêtements. Récupérée directement depuis l’industrie de la pierre italienne, le « marm/more » (nom donné à la matière conçue par la marque) est naturellement résistant, waterproof et respirant.
Les créatrices de la marque ont elles-mêmes poussées leur recherche pour concevoir ce matériau circulaire et local (poudre de marbre italien et vêtements fabriqués en Italie) jusqu’à l’expérimentation et la mise en production de ce nouveau matériaux. Côté design, les modèles conservent la couleur naturelle de la poudre du marbre. Au-delà de l’utilisation innovante d’une matière naturelle dans l’industrie textile, la marque ne renie pas sur le style en proposant des modèles élégants renouvelant l’imaginaire du « K-way » autant par sa matière que dans ses coupes.

Le coupe vent en bouteilles plastiques recyclées Dedicated.

Le polyester recyclé à partir de bouteilles d’eau usagées est désormais largement utilisé pour remplacer le polyester. Même des marques peu recommandables l’utilisent, surfant ainsi sur la tendance éco-responsable. Le polyester recyclé est aujourd’hui une solution relativement facile pour rentrer dans un processus de fabrication plus vertueux. Néanmoins, le polyester recyclé ne signifie pas que la matière est uniquement composée de bouteilles d’eau recyclées. Il existe désormais un standard pour les usines qui recyclent des matériaux : le GRS (Global Recycling Standard). Ce label garantit que le produit est fabriqué avec au minimum 20 % de matière recyclé. Ainsi, il y a de fortes chances qu’un vêtement en « bouteilles plastiques recyclées » contienne autant de polyester « neuf » que de polyester recyclé. Néanmoins, la marque suédoise Dedicated fait preuve d’une transparence remarquable qui inspire la confiance. Pour chaque produit, elle renvoie vers le site de production, même si celui-ci est fabriqué en Chine, indiquant le nom de son fabricant et de chacun de ses sous-traitants. Un exemple à suivre en matière de transparence. Ces modèles de coupe vents mixtes, accessibles, colorés, sont une alternative éthique à la fameuse parka, sans avoir à renier sur le style.

 

Le trench de pluie spécial vélo en plastique recyclé et coton bio Maium


La marque néerlandaise Maium en connait un rayon en terme de pluie, de vélo et d’imperméables ultra classes. Ces trenchs imperméables sont pensés pour les cyclistes. Fini les horribles par-dessus moches en plastique pour les jours de pluie à vélo. Les imperméables proposés par Maium sont tellement classes, qu’ils n’ont pas besoin de s’enlever quand on pose le vélo, ni besoin d’être cachés si finalement, la pluie s’arrête. Et surtout, ils sont pensés pour les cyclistes : chaque trench contient deux zips sur le côté, donnant de l’aisance à l’imperméable. Ainsi, le trench agrandit se dépose sur le guidon du vélo et protège les jambes de la pluie ! En plus d’être classe, abordables et pratiques, ils sont fabriqués en coton bio et en plastique recyclé (111 bouteilles en plastique sont précisément recyclées pour fabriquer un trench) dans des usines où les conditions de travail sont vérifiées et éthiques.

 

MAIUM

Article non sponsorisé

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

4 + 13 =