Gabriela Hearst : la nouvelle directrice artistique engagée de la maison Chloé
2020-12-17

Gabriela Hearst : la nouvelle directrice artistique engagée de la maison Chloé

Après plusieurs mois d’une relative accalmie due à la crise du COVID19, un vent de nouveauté a soufflé sur la mode : Gabriela Hearts, fondatrice de la marque éponyme et designer ouvertement engagée pour une mode responsable, a été annoncée nouvelle directrice artistique de Chloé début décembre. La designer américano-uruguayenne de 44 ans prend le relai de Natacha Ramsay-Levi après que cette dernière aie passé 4 ans à la tête de la maison française.

Des inspirations artisanales et multiculturelles

Gabriela Hearts s’est lancée dans la mode en 2004, où elle a créé une première marque qui vendait des  t-shirts avec des illustrations en impression sur soie. Après avoir hérité du ranch familial en 2014, elle fonde sa marque éponyme, basée sur des produits extrêmement luxueux, faits pour durer et conçus dans le respect de l’environnement. En seulement 5 ans, c’est le succès : le style élégant et pratique de la créatrice s’est imposé à l’international. Elle a reçu le prix du créateur de mode féminine de l’année par le conseil de la mode américaine (CFDA) en septembre et a présenté en octobre dernier sa collection à la Fashion Week de Paris, que nous avions hâte de découvrir.

Un engagement de la matière première au défilé

La nomination de la nouvelle directrice artistique engagée de la maison Chloé a de quoi réjouir. C’est en effet une adepte des pratiques responsables depuis les débuts de son propre label : matières recyclées ou sourcées de deastock, laine mérinos produite dans son ranch, utilisation du lin par rapport au coton qui est bien plus polluant… La créatrice a remporté un prix international Woolmark en 2017 pour son utilisation de sa laine mérinos, une matière particulièrement durable, sur des vêtements faits pour être portés en été. Cette sensibilité à ce qu’elle qualifie de « luxe honnête » est due à son enfance, passée en pleine nature dans le ranch que sa famille habite depuis 170 ans, à deux heures de la ville la plus proche.

Le groupe Richemont amorce sa démarche durable

Cette nomination pose immédiatement question : la maison Chloé va-t-elle suivre sa nouvelle directrice artistique engagée dans ses pratiques ? Il semble que c’est complètement le plan du groupe Richemont, qui possède également la maison Alaïa. En novembre dernier, son directeur exécutif Riccardo Bellini affirmait la volonté de repenser entièrement le fonctionnement de Chloé. Au programme : création d’un «fonds d’impact» dédié à l’éducation des filles, formation un comité consultatif d’experts pour guider l’entreprise et la responsabiliser et mise en place d’un SP&L. Ce dernier terme peut faire peur mais est un outil essentiel : c’est l’équivalent Social d’un EP&L, un compte de Profits et Pertes Environnementaux, qui est l’évaluation monétaire d’une entreprise et l’analyse de ses impacts écologiques. 

Les prémices d’un changement global ?

Ces dispositions lancées par Richemont et la nomination de Gabriela Hearst à la tête de la célèbre maison bohème semblent relever d’une volonté sincère de faire de la marque un acteur responsable de l’industrie de la mode. Nous ne manquerons pas de suivre l’évolution de cette transformation et espérons une communication transparente de la marque à ce sujet ! Mieux encore, cette décision pourrait inciter de nombreuses marques au fonctionnement « traditionnel » à revoir leur copie et s’engager concrètement pour une industrie responsable sur le plan social et environnemental. Chloé est l’une des marques les plus célèbres à s’engager concrètement sur ce sujet, en espérant qu’elle contribuera à une transformation globale du milieu.

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