Fast fashion de proximité VS marques écoresponsables étrangères
2021-05-04

Fast fashion de proximité VS marques écoresponsables étrangères

Le dilemme n’est pas évident : est-ce préférable d’acheter dans un magasin de fast fashion proche de chez soi, ou de commander un vêtement écoresponsable sur internet ? On pourrait effectivement croire que le facteur de la livraison à domicile ou en point relai pèse beaucoup dans la balance, pouvant même la faire pencher en faveur de la fast fashion. En réalité, il n’en est rien, et The Alleah va vous expliquer pourquoi. 

Tout d’abord, parlons matières. Les marques de fast fashion choisissent les matières les moins coûteuses à produire, et les moins écologiques de surcroît. Les matières plastiques par exemple sont omniprésentes : polyamide, polyester… Et sont, bien sûr, non biodégradables. Pour ce qui est du synthétique, la viscose est également problématique. Elle est préjudiciable pour la santé de ceux qui la fabriquent et de ceux qui sont confrontés à sa production d’une manière ou d’une autre. La pollution et la consommation importante d’eau, ainsi que la déforestation sont également de mise avec cette soie artificielle.

Lorsqu’il est question de matières naturelles comme le coton, elles sont cultivées à grand renfort de pesticide et d’engrais. Ce qui, encore une fois, est dangereux pour la santé et l’environnement. Le but étant de produire à faible coût. Dans cette même optique d’économies, les matières utilisées par la fast fashion sont fabriquées et cultivées aux 4 coins du globe. La viscose et le coton en Inde par exemple. Le rapatriement au lieu de fabrication du textile constitue donc déjà une étape de transport conséquente.

À l’inverse, les marques écoresponsables privilégient des matières naturelles économes en eau ou en matières chimiques : lin, coton bio… Des matières pouvant de plus être cultivées localement, tout du moins moins en Europe. Les cultures de lin par exemple sont très présentes en France. Le recyclage et l’upcycling sont également très utilisés en slow fashion. Il n’est donc même plus nécessaire de produire la matière première avec ces procédés. Des économies sont donc cette fois faites en énergie et en ressources.

L’étape de la fabrication

Lorsque l’on arrive à l’étape de la fabrication du vêtement, il n’est toujours pas question de vertu et d’éthique concernant la fast fashion. Les marques de cette industrie recherchent encore une fois à minimiser les coûts, et à quel prix ? Nous pouvons dans un premier temps évoquer le manque d’éthique sociale. Comme constaté dans le dernier documentaire Arte dédié à la fast fashion, les conditions de travail des couturières sont loin d’être exemplaires. En plus de cela, elles sont sous-payées, même au Royaume-Uni.

Inévitablement, nous allons également parler de la Chine. Le Made in China est omniprésent, y compris dans la mode. L’exploitation des Ouïghours représente par ailleurs le pire et à la fois le meilleur exemple des travers de la délocalisation de la fabrication opérée par la fast fashion. Travail forcé, maltraitance, et aucune rémunération des travailleurs. Voilà ce à quoi la main d’oeuvre peut être confrontée. Ne pas vérifier l’éthique des usines, voire fermer les yeux dessus a été très courant.

Au delà de ces considérations humaines, les voyages en avion de ces vêtements créés dans un contexte parfois douteux représentent une nouvelle source de pollution par les transports. Que ce soit depuis la Chine, le Bangladesh, la Turquie… De leur côté, les marques écoresponsables produisent davantage de Made in France, ce qui limite les transports, et sont souvent labellisées par des certifications éthiques. Il est donc une nouvelle fois question de valeurs sociales et de responsabilité environnementale.

L’acheminement du produit fini

Le vêtement de fast fashion sera finalement acheminé depuis son lieu de stockage vers les différents magasins de la firme à travers le monde. Même si vous l’achetez dans une boutique proche de chez vous, il aura déjà fait un bon bout de chemin, chaque étape de la fabrication étant délocalisée dans différentes parties du monde. Il aura probablement voyagé en avion ou en bateau à plusieurs reprises, deux moyens de transports des plus polluants, afin de gagner en rapidité.

Tandis que l’habit de la marque écoresponsable sera directement acheminé vers chez vous. Si la marque est française, le transport sera donc à moindre échelle par rapport aux voies maritimes et aériennes. Il n’aura pas non plus été transité de trop nombreuses fois, tout en respectant des qualités autant environnementales que sociales. Cela sans tricher, car dans la slow fashion, on se doit d’être transparent, et les certifications en attesteront également.

Les efforts des marques éthiques se retrouvent également dans les packagings, votre colis ne devrait donc pas avoir un gros impact environnemental à lui seul. Il ne se retrouvera pas dans une énorme poche plastique avec des surplus d’emballage. Compostables, biodégradables, réutilisables… Ils sont la plupart du temps en accord avec les valeurs de la marque. Il suffit d’utiliser du tissus, du papier en bois certifié, ou encore des matières recyclées.

En bref, même si le magasin de fast fashion se situe près de chez vous, le processus de fabrication du vêtement que vous y convoitez, comprenant notamment différentes étapes de transports, ne le rend pas plus responsable qu’une commande depuis le site d’une marque écoresponsable. 

 

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