Éthique au travail : la marque Lõu Yetu épinglée sur Instagram
2021-01-21

Éthique au travail : la marque Lõu Yetu épinglée sur Instagram

Depuis le 16 janvier, la marque Lõu Yetu est sous le feu des critiques après des centaines de témoignages d’ex-employés sur les réseaux sociaux. Cette prise de parole massive donne à réfléchir à la façon dont l’industrie de la mode aborde le droit du travail, et pourquoi c’est un milieu où il est rarement respecté.

Dans la lignée des nombreux comptes de témoignages qui dénoncent des violences dans un domaine spécifique, allant du monde de la communication avec @balancetonagency aux violences obstétricales avec @balancetonuterus, le compte @balancetastartup, créé en décembre 2020, a déjà gagné 150 000 abonnés. On y trouve des centaines de témoignages anonymes qui nomment des entreprises montantes et dénoncent leur culture soit disant jeune et fun, alors que leurs employés sont souvent soumis à des violences psychologiques ou physiques et que le Code du Travail n’y est absolument pas respecté. Il y a deux jours, une première entreprise de mode a été nommée sur le compte : la marque de bijoux Lõu Yetu . 

Harcèlement moral, horaires délirants, maltraitance des employés pour les inciter à démissionner plutôt que de les licencier… Les témoignages qui accusent la fondatrice de la marque sont accablants et très nombreux : la story à la une dédiée à Lõu Yetu recense une centaine de messages. Y est exposée une ambiance délétère, avec des équipes apparement soudées mais poussées à bout par la fondatrice et celle qui est son bras droit.

Ces nombreux témoignages, que vous pouvez retrouver ici, représentent une culture toxique qui peut se retrouver avec plus ou moins d’intensité dans de nombreuses entreprises de mode où la productivité est survalorisée. Un bel exemple de cette ambiance : Le Diable S’Habille en Prada, où l’héroïne subit une pression presque parodique et doit faire passer son travail avant sa vie privée et ses convictions.

Lõu Yetu et sa fondatrice ne sont pas seulement accusés de comportements abusifs envers les équipes mais également de greenwashing. En effet, la marque clame réaliser ses bijoux dans son atelier parisien, quand beaucoup de ses anciens employés affirment que sa fondatrice achète en réalité des pièces à des grossistes qui lui fournissent des produits originaires de Chine et fabriqués dans des conditions extrêmement floues. D’après les témoignages, les pièces seraient seulement assemblées à Paris et ne valorisent donc pas du tout l’artisanat français, contrairement à ce qui est affirmé sur le site.

Ces accusations de maltraitance et de greenwashing ont eu un impact sans précédent sur la marque : le compte Instagram de Lõu Yetu  a perdu près de 80 000 abonnés en quelques jours et a dû bloquer les commentaires sous ses posts. Balance ta Start Up a partagé la réponse que leur a envoyé la marque, où les accusations de greenwashing sont écartées. En ce qui concerne la situation des employés, la marque s’est dite “peinée” de la lecture des témoignages et s’engage à réaliser un audit très prochainement. Lõu Yetu  n’est certainement pas la dernière marque de mode à être citée par Balance Ta Start Up, et on peut se demander si la déferlante de témoignages va entraîner des conséquences comme des actions en justice. Autre conséquence de cet événement : la création de @balancetamaison, compte qui dénonce le même type de problème mais dans les maisons de Couture. La vague semble gagner la mode !

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