Ces créatrices partagent pourquoi elles se sont lancées dans la mode responsable
2021-03-22

Ces créatrices partagent pourquoi elles se sont lancées dans la mode responsable

The Alleah a interrogé les créatrices de cinq sublimes marques responsables, qui nous ont partagé leurs motivations, leurs envies et leurs ambitions pour la mode. De parcours et de milieux diversifiés, elles représentent une nouvelle vague de designers qui nous donnent de l’espoir pour une industrie plus durable !

Une prise de conscience parfois brutale

C’est en découvrant l’industrie de la mode et son impact que certaines de ces créatrices ont ouvert les yeux et voulu approcher la création de leur marque différemment, comme nous l’indiquent Sarah et Mathilde qui ont fondé le label Salut Beauté

Il y avait plein d’aspects que nous ignorions complètement, comme par exemple les tonnes de surplus de tissus générés par les marques, qui nous ont poussé à orienter notre modèle vers l’upcycling. Il n’était plus question de produire de la matière, en connaissant l’existence d’un tel phénomène.  La prise de conscience a été assez brutale et immédiate. Plus nous avancions dans notre recherche de fournisseurs, plus nous tombions des nues. C’est une réalité qui nous a frappées de plein fouet et il nous a semblé tout naturel, à notre échelle, de réagir.

© Salut Beauté

Diane, créatrice de la marque de luxe responsable DIANE Paris, a également découvert l’impact de la mode depuis l’intérieur de l’industrie : 

Après avoir fait mes armes pendant plus de 10 ans au sein de différents studios, je ne pouvais pas ignorer la question de l’impact écologique et humain de notre métier. Créer oui, mais à quel prix? J’ai vu trop d’exemples au cours de ma carrière de mauvaises pratiques, je sais à quel point notre industrie peut être irresponsable et polluante. Orienter ma marque dans le sens de la mode responsable, c’était une évidence pour pouvoir continuer à faire mon métier et à faire rêver, de façon pérenne et durable, tout simplement.

© DIANE Paris
Plus que de créer une marque de bijoux, j’avais envie de rejoindre un mouvement plus global qui questionne notre mode de consommation et le système d’exploitation sur lequel il repose !

Elia, fondatrice d’Anicet

L’envie de transmettre ses valeurs

Pour Claire, qui a lancé la marque de bijoux gender fluid nu atelier®, la durabilité est un moteur et une motivation essentielle qu’elle souhaitait transmettre à ses client.e.s ! Elle évoque notamment “l’envie de sensibiliser et donner une grille de lecture concernant la réalité d’un secteur pour permettre à ceux qui le souhaitent de faire des choix plus éclairés. Également, de démontrer qu’une démarche responsable est compatible avec une démarche créative et qu’elle peut même la nourrir.

© nu atelier®

Fondatrice du label de bijoux upcyclés Anicet, Elia souhaitait également transmettre ses questionnements et ses valeurs à travers sa marque : “Dans la culture caribéenne, les bijoux ne sont pas seulement un ornement. Ils interrogent également les identités qui nous composent, notre vécu.” Elle évoque une réflexion qui la guide : “Au delà de l’aspect écologique de l’upcycling. J’ai choisi de récupérer des chaînes, de les casser, de les recomposer, de chiner des fragments de bijoux de familles pour raconter qui nous sommes aujourd’hui : des personnes uniques qui se construisent à partir d’identités et d’histoires multiples.

© Anicet
La mode, autrement

A travers ces cinq marques, les créatrices que nous vous présentons souhaitent questionner le système actuel et proposer des alternatives. Le label genderless Jeanne Friot, lancé par la designer du même nom, est notamment né d’un désir de reprendre en main le calendrier de production: “Le rythme effréné de cette industrie ne fait parfois pas sens et j’avais besoin de retrouver du sens dans mon travail. Pour l’environnement et la planète mais aussi pour nos corps, de la création jusqu’à celui qui portera le produit !

© Jeanne Friot

Mathilde et Sarah évoquent aussi cette motivation pour leur projet : “Nous croyons beaucoup à un retour à une mode plus « slow », où toutes les étapes de création et de développement sont remises au centre. On rappelle au consommateur que créer un vêtement, c’est énormément de temps et d’humain.

Elia insiste également sur le besoin de ralentir : “Anicet est née d’un désir profond. Celui de proposer une alternative à un système de production excessif. Celui de produire moins mais mieux, en circuit court sans faire l’impasse sur le style !” Elle conclut avec force : “Plus que de créer une marque de bijoux, j’avais envie de rejoindre un mouvement plus global qui questionne notre mode de consommation et le système d’exploitation sur lequel il repose !”

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

13 + vingt =