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C’est quoi le problème avec les cuirs vegan ?
2020-09-18

C’est quoi le problème avec les cuirs vegan ?

Les cuirs dit vegan se multiplient, le cuir animal est remplacé par d’autres fibres qu’elles soient synthétiques, naturelles ou les deux à la fois. Si la mode vegan est d’actualité, elle est pour certain.e.s créateur.ice.s comme Stella McCartney une évidence depuis leur début. En fervente défense de la cause animale Stella McCartney a été pionnière de la mode vegan depuis le lancement de sa marque éponyme en 2001, elle n’a jamais utilisé aucune matière animale dans ses collections. Depuis la mouvance s’est accélérée. Pour certain l’utilisation de matière alternative au cuir naît d’une éthique personnelle, d’un mode de vie végétarien ou vegan. Pour d’autres marques, la mode vegan c’est un marché en expansion et donc des parts de marché à conquérir.
Ainsi, les approches diffèrent et si la mode vegan répond effectivement à la problématique de la souffrance animale en supprimant toute matière première issue d’animaux,  les autres matières qui remplacent le cuir ne sont pas pour autant naturelle et toutes ne se valent pas en terme d’éco-responsabilité.
Difficile de trouver le produit parfait, et chaque consommateur choisit en fonction des critères qui lui appartiennent : produit entièrement vegan, éco-responsable, naturel, fabriqué dans des conditions éthiques, fabriqué localement…
S’il est difficile pour les consommateur.ices que nous sommes de nous y retrouver, il n’en est pas moins difficile pour les créateurs éthiques de trouver et proposer aussi des alternatives qui soient tout à la fois : éthique, éco responsable, vegan, durable. La production dans la mode est traditionnellement opaque, alors nous avons aussi interrogé Dieuveil Ngoubou, co créateur avec Lancine Koulibaly de la marque de basket vegan UMOJA pour comprendre les défis que cela représente de proposer des produits qui soient à la fois vegan, éco-responsable, durable, biodégradable, équitable et bien entendu stylé, ça c’est la base !

Quels sont les « cuirs dit vegan » ou les fibres alternatives au cuir ?

Nous ne parlerons pas de cuir vegan, car tout simplement cela n’existe pas.  Le cuir est fait de peau animal, c’est une appellation contrôlée.
Une matière dite vegan implique qu’il n’y ait aucune matière animale dans le processus de fabrication. Donc pour commencer utilisons des mots justes pour ne pas valider cet oxymore et parlons de fibres. Chaque fibre est unique et possède sa propre texture. Nous nous concentrerons dans cet article sur un état des lieux des fibres qui par leur texture ressemblent au cuir.

LA MATIÈRE ANIMALE, PARTOUT DANS NOTRE DRESSING 

La présence de matière animale dans un vêtement ne se limite pas au cuir et à la fourrure. Il y a aussi dans nos vestiaires un tas de vêtements et d’accessoires dans lesquels nous ne soupçonnons pas la présence de matières animales. Par exemple, il est fréquent que les fabricants de baskets utilisent de la colle de poisson pour coller les semelles des baskets. Cette colle est réalisée en faisant fondre dans de l’eau de la peau, des têtes et des arêtes de poissons. Ainsi, les vêtements et accessoires vegan garantissent l’absence absolue de matière animale dans le vêtement, accessoire et aussi dans le processus de fabrication. Certaines marques vont plus loin, en utilisant des matières biologiques, comme le coton bio pour s’assurer que l’utilisation qu’ils font du coton, préserve l’écosystème naturel de l’environnement. La culture du coton intensive a des impacts écologiques désastreux à tout niveau,  notamment sur l’écosystème animal environnant.

VEGAN NE VEUT PAS DIRE NATUREL

L’absence de matière animale ne garantit pas qu’un vêtement ou un accessoire soit réalisé uniquement à partir de matière première naturelles. Si le cuir dit vegan garantit l’absence de matière animale, certaines de ces alternatives sont souvent des matières plastiques.

LES FIBRES SYNTHÉTIQUES ALTERNATIVES AU CUIR

L’appellation « cuir vegan » est aussi un argument marketing en vogue pour nommer des produits réalisés en fibres synthétiques à base de plastique et de pétrochimie.

Le similicuir, ou les fibres 100% synthétiques : Certaines marques mettent en avant une production 100% vegan en utilisant des matières 100% synthétique soit 100% plastique. C’est le cas des accessoires réalisés en similicuir celle-ci sont composées de fibres synthétiques issues de la pétrochimie comme le polyuréthane, polyamide, l’aramide ou encore le fameux « skai ». Ces matières sont extrêmement polluantes, issu d’un procédé chimique qui ne tient pas  compte la fin de vie du produit. Ces vêtements, accessoires et autres baskets dites « vegan » ,qui sont en réalité fabriqué à partir de plastique, sont des déchets non recyclables. S’ils sont effectivement une solution, pour éviter la matière animale, la production de ces matières est quant à elle désastreuse pour l’environnement et les écosystèmes naturels, les milieux vivants de ces même animaux.

LES MATIÈRES RECYCLÉES SONT-ELLES DES ALTERNATIVES ECO-RESPONSABLES AU CUIR ?

De plus en plus de marques, utilisent des matières premières existantes pour créer leur produit de mode. Néanmoins, l’utilisation de matières issues de matières premières recyclées sont-elles des alternatives éco-responsable au cuir ? Zoom sur deux matières que sont le plastique recyclé et le cuir upcyclé ?

Le plastique recyclé : le plastique recyclé est une option éco-responsable à première vue. Le plastique recyclé est souvent issu de bouteilles en plastique récupérées. Pour autant, ce plastique recyclé pour être résistant est mélangé à d’autres matières synthétiques. Et si effectivement, la composition de ce plastique est « moins pire » que du plastique neuf puisqu’il réutilise en partie de la matière dont on ne sait plus quoi faire et qui n’est pas biodégradable, le plastique recyclé reste toujours une matière non biodégradable. En fin de vie l’article restera un déchet qui prendra au mieux entre 100 et 1000 ans pour se décomposer. 

Le cuir upcyclé (surcyclé) : L’utilisation du cuir upcyclé signifie récupérer ce qui aurait du être un déchet de cuir, comme une fin de rouleau ou un sac, un vêtement déjà utilisé dont on voudrait se débarrasser, pour en faire un nouvel usage. L’utilisation de la matière existante évite de produire de la matière, et évite de produire du déchet. Le processus est donc parfaitement circulaire. Et ce cuir a une durée de vie plus longue que le plastique recyclé. Néanmoins, pour la plupart des partisans de la défense animale, porter un vêtement en cuir même upcyclé n’est pas une solution car cela revient à porter  un vêtement dont la matière est issue d’une souffrance animale.

QUELLES SONT LES FIBRES NATURELLES ALTERNATIVES AU CUIR  ?

Fibres d’ananas, de bananier, d’eucalyptus, de pomme de champignon…quelles sont les fibres naturelles alternatives au cuir ?

De nombreuses fibres végétales font leur apparition, celles-ci sont prometteuses en terme d’éco-responsabilité car elles sont issues de ressources entièrement naturelles, telle que la feuille d’ananas, de bananier, le champignon, la pomme, l’eucalyptus. Ces fibres sont souvent extraites de déchets agricoles ce qui en font des matières éco responsables. Néanmoins, ces fibres étant naturelles sont aussi plus fragiles, elles subissent donc souvent un processus de transformation durant lequel  elles sont mélangées avec une matière synthétiques afin de garantir une plus longue durabilité. Malheureusement, il est très difficile d’avoir accès en toute transparence à ces processus de transformation.

Ci-dessous nous faisons état des fibres naturelles utilisées comme alternatives au cuir.

Le pinatex ou fibre d’ananas : le pinatex est fabriqué à partir de fibres de feuilles d’ananas, un sous-produit de la récolte des ananas. Les fibres sont extraites des feuilles, lors du processus de décortication, qui est effectué à la plantation par la communauté agricole. Une fois les fibres extraites, ce qu’il reste de l’ananas peut être utilisé en bio carburant ou en engrais naturel ce qui en fait une matière éco-responsable car son empreinte écologique est très faible. C’est à ce jour l’alternative végétale au cuir la plus répandue. Néanmoins, à ce jour il n’y a pas de réglementation obligeant les fournisseurs à indiquer la composition précise de leur matière. Certains cuirs dits d’ananas peuvent contenir uniquement de l’ananas, tout comme comme d’autre cuir d’ananas peuvent être mélangés avec des fibres synthétiques. Pour autant les deux auront l’appellation cuir d’ananas. Il est donc difficile à ce jour de connaître le processus de transformation en toute transparence, ainsi que la totalité des ingrédients qui le composent en détail.
La marque UMOJA a, par exemple, expérimenté l’utilisation de fibre d’ananas 100% brut, sans aucun procédé de transformation chimique dans la fabrication de ses chaussures. Malheureusement la fibre entièrement naturelle était beaucoup trop fragile et se cassait au montage de la chaussure. Ce qui laisse à penser que les fibres d’ananas utilisées dans d’autres vêtements ou accessoires sont mélangées à des fibres synthétiques pour pouvoir perdurer dans le temps.

La Fibre d’eucalyptus : découvert en 2014 cette nouvelle fibre végétale est l’invention du créateur Fabian Stadler. Cette invention est utilisée pour sa propre marque : Naonifashion. À notre connaissance cette fibre n’a pas encore été commercialisée pour d’autres enseignes. Jusqu’à présent le créateur source l’eucalyptus en circuit court, auprès d’agriculteurs n’utilisant ni pesticide, ni OGM. La texture naturelle de l’eucalyptus en fait une fibre naturellement résistante, sa durée de vie est prometteuse. Néanmoins, celle-ci reste à être éprouvée, étant donné que les premières ceintures en fibre d’eucalyptus ont vu le jour en 2016, reste à voir aujourd’hui comment la matière survit dans le temps. Nous avons souhaité interroger le créateur pour avoir le détail exact de la composition de cette fibre mais notre requête n’a pas trouvé de réponse malheureusement.

Fibre de bananier : cette fibre naturelle est issue des déchets agricoles.
Le bananier n’est pas un arbre mais une plante herbacée dont les tiges ne portent qu’une seule fois des fruits. Une fois  les fruits récoltés, il ne peut y avoir de nouvelles récoltes sur les plantes, celles-ci sont généralement abattues puis brûlées en bordure de champs. La fibre de bananier est donc issue de ces plantes abattues, son aspect ressemble en texture au lin et au jute. Cette fibre non tissée est notamment produite par un procédé 100% artisanal en Ouganda.

La pellamella ou fibre  de pomme, le cuir de pomme est constitué à 50% de déchets de pommes, ce qui est une excellente initiative. Néanmoins, pour arriver à la matière finale, le processus développé par le fabricant Frumat nécessite l’ajout de 50% de polyuréthane qui est une fibre synthétique contenant du plastique. Le cuir de pomme est donc une fibre à la fois végétale et synthétique.

Le Muskin, ou fibre de champignon : la fibre de champignon est une fibre naturelle obtenue à partir d’une variété de champignon nommée Phellinus ellipsoideus. Cette variété a la particularité d’être un champignon parasite qui pousse naturellement sur des arbres de forêts tropicales, notamment en Chine. Son avantage est d’être large et épais, ainsi contrairement aux autres champignons, il s’étend jusqu’au 30 cm de longueur, 20 cm de largeur et possède une épaisseur pouvant aller jusqu’à 2 cm qui lui confère une solidité que les autres champignons n’ont pas. Sa couleur marron naturelle est relativement uniforme et rappelle naturellement la couleur du cuir. Ce champignon ne garde aucune odeur ni trace de bois sur lequel il pousse. Son absence totale de produit chimique et toxique dans sa transformation en font une matière entièrement biodégradable idéale pour être porté à même la peau.

LA PAROLE AUX CRÉATEURS DE LA MARQUE UMOJA

Comment concilier fibres naturelles, éco-responsabilité, fabrication artisanale et durabilité ?

Nous avons voulu savoir comment une marque éco-responsable trouve aujourd’hui l’équilibre entre matière vegan et éco responsabilité. Pour comprendre au mieux le défi et les opportunités que représente l’utilisation de ces nouvelles matières nous avons souhaité interrogé les créateurs qui les utilisent. Nous nous sommes longuement entretenus avec Dieuveil Ngoubou créateur, avec Lancine Koulibaly , de la marque UMOJA. DieuVeil travaille tout particulièrement à la production, en étant sur place, à savoir là où sont localisés les producteurs de coton et de fibres naturelles qui fournissent la matière première de leur basket. Dieuveil nous a détaillés en toute transparence la quête de fibres naturelles et les découvertes à la fois enthousiasmantes et décevantes qu’il a réalisé depuis la création d’UMOJA. Cet entretien est aussi l’occasion d’aborder les défis que rencontre la marque pour à la fois allier fibres naturelles, fabrication artisanale, transparente et durabilité.

L’ambition d’UMOJA est de concilier fibres naturelles dépourvues de matières animales et exigence écologique.

Conscients de l’impact désastreux en terme écologique de l’industrie du cuir, dû au tannage, à l’utilisation de chrome et à l’élevage d’animaux utilisés uniquement pour leur peau, le choix de trouver des alternatives au cuir était une évidence pour Umoja.

« Nous ne souhaitons pas utiliser de cuir dans nos chaussures car le cuir est un désastre écologique. Pour autant, pourquoi vouloir chercher à imiter un cuir, pourquoi vouloir copier une matière pour rentrer dans un marché plutôt que d’utiliser les alternatives pour ce qu’elles sont « 

Pour UMOJA,  matières dites vegan et éco-responsabilité doivent aller de pair. Ainsi, il leur tient autant à cœur de ne pas utiliser de matière animale que de proposer une basket qui puisse, en fin de vie, être biodégradable et dont la matière première ne soit pas issue d’une exploitation agricole qui pratique la monoculture et déstabilise l’écosystème. La démarche d’UMOJA est entièrement centrée sur la recherche de la matière la moins polluante, la moins transformée, la plus transparente, la plus naturelle, la plus durable. Et le défi est de taille !

C’est pourquoi, les créateurs d’UMOJA se sont tournés naturellement vers de petits ateliers familiaux, en allant à la rencontre des producteurs, observant la totalité du processus de fabrication  pour ainsi avoir la garantie absolue de la composition de chacune des matières qu’ils utilisent pour produire leur basket.
Cette recherche les a conduit sur les chemins des savoir faire artisanaux, les savoir faire ancestraux qui par défaut n’utilisent pas de procédé de transformation chimique. Si ces fibres naturelles, que sont la fibre de bananiers, d’ananas, le rafia, l’écorce d’arbre sont nouvelles à nos yeux d’occidentaux, elles sont en réalité ancestrales et connues depuis longtemps là où elles sont produites, en Afrique.  Certaines fibres, comme l’écorce d’arbre, sont même inscrites au patrimoine immatériel de l’Unesco. L’écorce provient du figuier d’Ouganda, le Mutuba. Cet arbre n’a pas besoin d’être abattu pour que l’écorce en soit extraite et transformée en fibre. La transformation de l’écorce en fibre est un processus entièrement naturel, sans aucune adjonction chimique. L’écorce devient fibre après avoir été battue pendant une heure, ce procédé permet de donner des textures différentes à la fibre. Néanmoins, ce savoir faire est maîtrisé par seulement très peu d’artisans. Et c’est justement pour faire vivre ces savoir-faire, qu’UMOJA souhaite intégrer ces matériaux à la fois uniques, naturels, et ancestraux dans leur chaussure. Néanmoins, ces matériaux sont aussi très fragiles. Cette fibre à base d’écorce est traditionnellement utilisée pour des vêtements, des linceuls. S’il l’écorce semble être une alternative, la question de la durabilité rentre aussi en jeu dans l’équation éco-responsable. Bien que cette fibre soit prometteuse et 100% biodégradable, son atout d’être entièrement naturelle en fait aussi son inconvénient. Ce ne sera pas une matière qui durera dans le temps pour l’usage de chaussures.
Cette difficulté est récurrente avec les fibres entièrement naturelles et non transformées que sont aussi le rafia, la fibre d’ananas brute ou de bananiers. Autant de matières potentielles et d’explorations qu’ont mené Dieuveil et Lancine pour les utiliser. Malheureusement, ils se sont rendus compte, après plusieurs tests, que toutes ces fibres cassaient au montage de la chaussure. Cette fois le critère durabilité l’a emporté sur le choix de ne pas encore utiliser ces fibres pourtant parfaitement naturelles et biodégradables.

« IL est essentiel pour nous, de ne pas être dépendant d’une matière, d’une fibre pour ne pas pousser à la monoculture qui est destructrice pour l’environnement. En tant que marque et consommateurs, nous souhaitons diversifier nos modes de production et de consommation et trouver l’équilibre le plus juste dans notre façon de produire et de consommer.
Nous envisageons les conséquences de tout acte en train d’être pesé. Nous nous demandons ce que deviendront nos chaussures en fin de vie. Nous nous interrogeons continuellement sur ce que nous faisons : pourquoi nous le faisons et comment nous le faisons. Et nous essayons de produire et de consommer en répondant à ces questions à chaque étape de notre développement pour nous assurer d être cohérents et transparents. »

Pour les créateurs d’UMOJA il est essentiel de ne pas tomber dans un leurre marketing, en utilisant justement des matières dites vegan qui en réalité ne sont pas entièrement naturelles. 

Il va de la responsabilité des marques de ne pas faire croire au consommateur, par des dénominations trompeuses, que l’utilisation de matières soit disant végétales en font des matières entièrement éco-responsables. Pour les créateurs d’UMOJA Cette quête du matériau naturel brut est un véritable parcours du combattant. Derrière l’enthousiasme de l’exploration des ces fibres dites naturelles, ils découvrent aussi que celles-ci, lorsqu’elles sont proposées dans des circuits professionnels sont en réalité transformées et mélangées à des matières synthétiques.

« Il ne peut y avoir de transparence, si nous n’utilisons pas le vocabulaire adapté. L’appellation cuir vegan ou encore caoutchouc synthétique sont des leurres marketing pour ne pas dire plastique ou synthétique. La responsabilité que nous portons en tant que créateur passe par la plus grande transparence sur les matières utilisées. »

Les créateurs d’UMOJA découvrent surtout que le manque de transparence règne dans l’industrie, même auprès de fournisseurs qui s’annoncent écoresponsables, comme dans l’industrie du liège par exemple.

Le liège  semblait, pour les créateurs d’UMOJA, l’option la plus éco responsable telle qu’elle était présentée. À savoir une matière 100% naturelle et biodégradable.L’industrie du liège étant basée au Portugal, là où se situe également leur usine de production, les créateurs d’UMOJA ont souhaité visiter les usines, connaître le processus de transformation. Ils ont fait face à une chaîne de production relativement opaque avec de multiples intermédiaires.  Néanmoins, convaincus par les discours des producteurs de liège sur la durabilité de la matière et sa traçabilité, ils ont tout de même choisi de fabriquer leur premier modèle de basket en liège.
Pour autant aucun fournisseur n’avait accepté de donner en toute transparence la composition précise du liège, affirmant que le liège fournit était uniquement composé de liège. Une fois les chaussures produites, Dieuveil et Lancine ont fait testé ce liège par un laboratoire indépendant, et le couperet qu’ils craignaient est tombé. Ce liège était composé de liège mais aussi de matière synthétique en grande quantité. Ce mélange ne rendait donc pas leur chaussure biodégradable comme ils le souhaitaient. C’est pourquoi leur seconde collection ne contient plus de liège. Pour autant, la chaussure parfaitement éco-responsable, entièrement en fibres naturelles, est à la fois un défi et une exploration. Aujourd’hui cette exploration est collective. L’objectif est de réussir à intégrer ces fibres naturelles en les rendant durables dans le temps. Cette durabilité, nécessite éventuellement une transformation qu’UMOJA souhaite naturelle, sans adjonction chimique ou synthétique, afin que la chaussure soit biodégradable. Cette recherche est commune à de nombreux autres créateurs et c’est pourquoi UMOJA travaille avec des centres de recherche et développement en France, en Bretagne et au Burkina Faso. Il n’y a donc pas de matières parfaites. Dans l’éventail des fibres possibles chacune a ses caractéristiques et ses défauts. Il y a des choix à faire pour les créateurs et les consommateurs en conscience. Et ce choix ne peut se faire que lorsque l’information est accessible et transparente, ce que nous nous efforçons de faire à notre échelle.

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