C’est quoi l’appropriation culturelle ?
2021-04-10

C’est quoi l’appropriation culturelle ?

L’appropriation culturelle est un terme que l’on peine à comprendre, qui chamboule les esprits en animant régulièrement les débats. Pour que tu aies justement les clés dans ces débats, on te propose de revenir sur ce concept.

Un concept en lui-même

D’abord, déculpabilisons : s’il est difficile de comprendre le terme “d’appropriation culturelle”, c’est sûrement parce qu’il s’agit d’un concept large, qui touche à de nombreux éléments de notre culture – en particulier de notre pop culture. Non seulement, Wikipédia ne nous permet pas d’éclairer nos lanternes, mais en plus l’appropriation culturelle n’est pas réellement matérialisable puisqu’elle est… Partout. 

D’après mes recherches (j’ai assisté à une conférence en ligne avec notamment Marie N’Diaye et à propos du racisme dans le jazz, j’ai écouté ce podcast, ou encore regardé ce documentaire), on peut définir l’appropriation culturelle de cette manière : 

L’appropriation culturelle, c’est détourner les codes d’une culture marginalisée pour en bénéficier directement, sans reconnaître ni son origine, ni son héritage. 

Concrètement, c’est quand Madonna chante “Vogue” sans mettre en lumière les raisons politiques et sociales de la création de cette danse, ni permettre aux causes défendues par ses créateur.rice.s d’être entendues. « Laisse ton corps bouger sur la musique ». Oui, mais le voguing, ce n’est pas que ça. C’est avant tout l’expression artistique des luttes LGTBQI+, en particulier des personnes noires et latinas. Avec ce titre et son clip, Madonna s’est servie des codes du voguing pour son succès, sans reconnaître la provenance de cette culture. 

L’appropriation culturelle est partout

Alors oui, ça je l’ai déjà dit. Mais j’insiste. En faisant un peu attention, on se rend vite compte que l’appropriation culturelle est en réalité présente dans tout ce que l’on connaît et auquel nous avons quotidiennement accès. 

On la connaît dans la musique à travers l’exemple de Madonna cité plus haut. Dans le mode, c’est par exemple, Isabel Marant qui emprunte des motifs traditionnels de peuples autochtones. Mais si on fouille un peu plus, on voit que l’appropriation culturelle concerne beaucoup, beaucoup plus de choses. Nos coiffures : les tresses, dreadlocks, etc. Notre alimentation : les sushis, les tacos. Nos hobbies : le yoga, le voguing, ou encore nos soirées twerks. Bref, tous ces éléments qui ont été créés pour des raisons souvent spirituelles et/ou politiques et qui servent aujourd’hui les intérêts de la culture encore dominante : la culture blanche. 

Le problème avec l’appropriation culturelle

Quand tu lis ça, n’y-a-t-il pas quelque chose qui te rappelle tes cours d’histoire-géographie de 4ème ? Mais si ! La domination coloniale sur les pays colonisés. L’appropriation culturelle perpétue une forme de colonialisme : une domination sur les cultures marginalisées, racisées (par “culture racisée”, on entend toutes les cultures qui ne sont pas blanches).

En gros, on continue de prendre ce qui existe déjà et qui est réalisé par les minorités pour en faire quelque chose dont on va bénéficier soit économiquement (on revient sur l’exemple de la musique, de la mode ou de la nourriture), soit socialement (parce qu’une femme blanche sera plus souvent considérée comme “stylée” si elle porte un vêtement en batik). Pour résumer, le gros problème de l’appropriation culturelle simplement, c’est celui-ci : se faire de l’argent sur le savoir des autres, sans reconnaître la source de son savoir. 

Comment l’éviter ? 

Maintenant qu’on est tou.te.s en train de se grignoter la peau autour des ongles, je peux enfin te dire une chose qui fait du bien : l’appropriation culturelle peut facilement s’éviter. Pour cela, rien de plus simple : s’intéresser aux autres, genre vraiment ! Se renseigner sur un motif, sur une coiffure, sur une danse pour comprendre ses origines et son héritage, c’est la base quand on veut se défaire de l’appropriation culturelle pour exprimer son respect envers les autres cultures. Encore mieux : en parler autour de soi. Préciser dans ton prochain post Instagram qui est à l’origine de ta musique préférée ou encore, mettre en lumière les origines du motif que tu portes. Bref : participer à la reconnaissance de ce qui ne t’appartient pas. 

Parce que l’appropriation culturelle est de plus en plus souvent décriée et dénoncée, non pas pour nous censurer, mais plutôt pour nous rappeler que nous sommes liés et qu’il serait bon de participer à créer davantage de liens entre nous, êtres humains. 

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