10 livres sur la mode responsable et le féminisme à glisser sous le sapin
2020-11-20

10 livres sur la mode responsable et le féminisme à glisser sous le sapin

Nöel approche, ou plutôt nous l’attendons comme une bouée de sauvetage, une lumière à la fin du tunnel. Pour vous aider à vous y accrocher, voici une sélection d’une dizaine de bouquins à glisser sous le sapin, un cadeau plus que significatif suite au débat sur la fermeture des librairies pendant la période de confinement. N’oubliez pas que bien que les librairies ne fassent pas partie des magasins de première nécessité, de nombreuses sont ouvertes pour permettre de récupérer des commandes en click & collect. 

Les ouvrages choisis sont très variés, mais traitent tous d’une manière ou d’une autre d’un ou plusieurs sujets de fond que nous avons choisis, à savoir la mode responsable, le féminisme, le militantisme. 

Commençons par un roman inspiré de faits réels. Les Sorcières de Pendle est le premier roman de Stacey Halls, qui a fait un carton au Royaume-Uni à sa sortie en 2019. Transporté.e.s dans le Lancaster de 1612 (aujourd’hui Lancashire), d’où l’auteure est elle-même originaire, vous y retrouverez Fleetwood Shuttleworth, châtelaine d’un domaine qui, après trois fausses couches, en est à sa quatrième tentative et a peur de ne pas parvenir à donner d’héritier à son mari – voire de perdre la vie. Lorsqu’elle rencontre une jeune femme mystérieuse dans ses bois, qui s’avère être guérisseuse, elle voit en elle son dernier espoir pour mener à terme une grossesse dangereuse. Seulement, Alice, la jeune femme en question, est accusée de sorcellerie lorsque s’ouvre un grand procès de chasse aux sorcières à Pendle. Très bien écrit, dans une atmosphère tragique, ce roman dépeint la trajectoire de deux femmes dans l’Angleterre du XVIIème siècle qui sont toutes les deux victimes de leur condition féminine : l’une sous la pression d’enfanter et de remplir son rôle social, et l’autre, persécutée pour sa connaissance du corps de la femme et pour son rôle essentiel de sage-femme, dont les pratiques sont considérées à l’époque comme hérétiques.

Dans un autre style mais tout aussi transportant, je vous conseille la bande dessinée La Rose la Plus Rouge de la suédoise Liv Strömquist, qui traite du féminisme d’un point de vue de l’amour, et plus particulièrement de la pensée philosophique de l’amour. Ludique mais très densément documenté, on y découvre notamment pourquoi on a l’impression de toujours reproduire le même schéma d’échec relationnel, à savoir une nana qui s’attache trop vite et un mec qui joue la distance et le détachement. Au-delà d’être une grossière généralité, ce schéma est une complexe construction issue de l’histoire des relations et des rôles genrés produite par la société. À la fin de cet ouvrage, vous verrez l’amour et plus généralement les relations amoureuses d’un tout autre œil. 

Pour compléter ce triptyque d’ouvrages qui évoquent le féminisme de différentes manières, je vous propose l’ouvrage Jouir, En quête de l’orgasme féminin de Sarah Barmak, publié par la même maison d’édition que Sorcières de Mona Chollet, Zones. Cet ouvrage est une recherche et une documentation sur l’orgasme féminin, ou plus précisément sur le long chemin qu’il a fallu parcourir dans l’histoire et dans les sciences avant de commencer tout juste à s’intéresser et à comprendre le sexe féminin et ses stimulations. Sur son chemin, la journaliste nous fait découvrir différents protagonistes, que ce soit une gourou de la méditation orgasmique ou une femme qui a souffert de la prostate féminine, un diagnostique qu’on a mis des années à lui faire en raison du manque de connaissance de l’organe féminin – cette femme a dû mener ses propres recherches pendant des mois pour enfin découvrir d’où venaient ses douleurs ! En somme, ce roman doit être lu par toutes les femmes. 

Un dernier point de vue sur le féminisme est offert par Roxane Gray, dans son ouvrage au titre choc Bad Feminist. Le discours, basé sur son expérience de femme noire grandissant aux Etats-Unis, est en réalité non-culpabilisant : elle revient sur le fait que nous sommes tous humains et de ce fait, nos comportements peuvent exacerber des ambiguités (en somme : je peux être féministe et aimer écouter des morceaux de R’n’B super machistes). Roxane évoque les thèmes de genre, de culture, de race, déconstruit les stéréotypes et propose une vision du féminisme qui allie nos multiples contradictions en tant qu’êtres humains. 

Au croisement du féminisme et du militantisme, l’ouvrage Ma vie sur la route : Mémoires d’une icône féministe de Gloria Steinem retrace la vie de l’activiste américaine. Narré sous forme de roadtrip, l’ouvrage met en avant les rencontres de Gloria Steinem, qui a sillonné tout le pays pour faire passer son message mais avant tout pour donner son écoute. 

Dans le sillage de l’activisme américain, un deuxième livre mérite l’attention. Il s’agit de Génération Ocasio-Cortez : Les nouveaux activistes américains de Mathieu Magnaudeix, qui dépeint, derrière la figure de la démocrate AOC, le réseau des community organizers, ces militants de l’ombre qui organisent les manifestations et forment nombre de citoyens aux actions pacifiques. En lisant le livre de Mathieu Magnaudeix, on se dit que la gauche américaine est en fait loin d’être morte. 

Sur le volet de la mode éco-responsable, le premier livre choisi diffère des écrits qu’on pourrait attendre sur la slow fashion. Il s’agit en fait de l’ouvrage d’Yvon Chouinard, le fondateur de Patagonia. Son titre, Let My People Go Surfing, évoque la philosophie de l’homme d’affaires, grimpeur et écologiste qui se considère lui-même comme un “reluctant businessman” (homme d’affaires réticent). Cet ouvrage est incontournable si vous êtes intéressé.e par l’entrepreneuriat et le développement durable. On y découvre la vision d’un fondateur qui a su faire connaître à l’international et donner un succès fou à une marque qui repose sur des valeurs environnementales fortes. On y évoque aussi, et c’est un autre volet très important de la mode éthique, une autre approche du management, et l’importance de la liberté donnée à ses équipes comme levier d’un cercle vertueux.

À présent, d’un point de vue plus critique de l’industrie traditionnelle de la mode, on trouve Le plus beau métier du monde, dans les coulisses de l’industrie de la mode de Giulia Mensitieri. Le titre est évidemment ironique et l’auteure revient sur le décalage qu’il existe entre l’image glamourisée de la mode, fortement relayée par les médias, l’imaginaire des tapis rouges et des paillettes, vis-à-vis des réelles conditions de travail qui sont souvent précaires, même en France. Elle met le doigt sur des mécanismes d’exploitation, voire d’auto-exploitation, qui sont infligés sous prétexte de travailler dans une industrie luxueuse et prestigieuse. 

Pour finir sur une note plus positive, voici deux ouvrages de Clare Press, journaliste écologiste chez Vogue Australia mais aussi, entre autres, ambassadrice de la fondation Ellen McArthur. Dans le premier ouvrage, Rise & Resist, Clare va à la rencontre de tous les acteurs qui se battent pour notre planète : qu’il s’agisse de militantes féministes, de combattant.e.s zéro-déchet, ou des knitting nannas (les grand-mères tricoteuses, oui), un mouvement d’activistes du troisième âge qui manifestent pacifiquement, par des séances de sit-in-tricot. Le second ouvrage de Clare Press est spécialisé sur la mode et le luxe : The Wardrobe Crisis, How We Went from Sunday Best to Fast Fashion. Dans cet ouvrage, Clare nous conduit dans les rouages de l’industrie de la mode, son histoire, les principales figures qui la composent, de Marie-Antoinette à Carrie Bradshaw. 

À travers cette sélection, nous espérons que vous puissiez passer des fêtes de fin d’année pleines d’espoir, découvrant les parcours et la richesse des personnes, réelles ou fictives, évoquées dans ces livres pleins de sens qui essayent de changer le monde, en mieux – tout comme leurs auteur.e.s

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